123 articles - Dernière mise à jour le 3 décembre 2016

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Le fils du cordonnier  
 
Le fils du cordonnier cru un jour qu'il était en son pouvoir de sauver le Royaume. Le Roi était mourant. Les ennemis aux portes du palais. Le peuple abattu, sans espoir, la princesse promise au Diable.
La peur, régnait sur le royaume. Le Diable y avait élu domicile.
Le fils du cordonnier demanda audience au Diable.
"Diable, je veux sauver le royaume. Ma main est tendue vers toi. Travaillons ensemble au bonheur du peuple"
"Fils du cordonnier lui répondit le Diable tu as du te tromper de porte. C'est à celle de Dieu qu'il fallait frapper pour faire une telle demande. Je ne travaille pas au bonheur du peuple, mais à son malheur. Ne sais tu pas qui je suis?"
"Je sais répondit le fils du cordonnier que du jour ou le peuple a perdu confiance, a perdu l'espoir tu es apparu. Je sais que tu as rusé, que tu as pris ton temps, que tu as fais prisonnier bien des esprits. Mais je sais aussi que tu es de ce monde et rien de ce monde n'est sans lumière."
"Qui t'a dis que j'étais de ce monde. Je ne suis pas de ce monde. La lumière c'est Dieu. Moi je suis les Ténèbres. Tu m'ennuies fils de cordonnier. Je déteste que l'on ignore mes talents. Hors de ma vue avant que je ne t'écartèle."
Le fils du cordonnier s'en alla voir le peuple. Il leur dit:
"Le diable est de ce monde, et rien de ce monde n'est sans lumière. Sauvons le royaume. Nous pouvons sauver le royaume".
Il le dit avec une telle foi, un tel cœur que le peuple petit à petit voulu bien le croire et lui donner sa chance.
"Nous t'écoutons lui dirent ils. Comment vaincre le Diable?"
"Demandons audience et que chacun le regarde attentivement. Regardez sa face, regardez bien le Diable un peu comme si vous vouliez pouvoir le dessiner les yeux fermer. Ensuite rentrez chez vous et regardez au fond de votre cœur."
Le Diable était trop heureux qu'on vienne le voir. Il se dit qu'il avait là une belle occasion de faire encore prisonniers quelques esprits et de prendre encore plus de pouvoir.
Le peuple fit ce que dit le fils du cordonnier. Cela pris du temps. Certains voulaient prendre des notes, revinrent plusieurs fois. On étudia le Diable. On écrivit sa biographie. On fit des analyses. Le Diable, trop heureux croyait à sa victoire et avait déjà fixé la date de son mariage avec la princesse. Le peuple ne savait pas ce qu'il devait trouver, mais ils regardèrent, étudièrent le Diable et rentrèrent ensuite chez eux sonder le fond de leur cœur.
Le premier à venir voir le fils du cordonnier fut un jeune garçon.
"J'ai fait ce que tu as dit"
"Et qu'as tu vu dans le fond de ton cœur lui demanda le fils du cordonnier?
"J'ai vu le rêve de mon frère. 5 nuages dans le ciel. L'un donna de la pluie, l'autre la grêle, le troisième la neige, le quatrième lançait des éclairs et le cinquième sonnait le tonnerre. La pluie sur le champ a fait poussé le mil, la grêle sur le champ a détruit la récolte, la neige sur le champ à fait fuir les paysans. Il ne restait plus personne dans le pays quand les éclairs et le tonnerre ont envahi le ciel. Plus personne non plus quand le soleil est revenu."
Puis vint une vieille femme.
"J'ai bien regardé le Diable. J'ai bien regardé dans le fond de mon cœur."
"Et qu'as tu vu grand-mère demanda le fils du cordonnier"
"J'ai vu le rêve de ma fille. Un lac aussi lisse qu'un miroir reflétait la lune. La lune s'y sentait si bien que le jour venu elle refusa de quitter le lac. Elle dit au soleil qu'il ferait bien lui d'aller voir les étoiles et de goutter à la plénitude du soir, à l'infini du ciel noir. Le soleil n'eu d'autre choix que d'éclairer la nuit. Le jour devint nuit et la nuit devint jour."
Et ainsi de suite le peuple raconta au fils du cordonnier qui le rêve d'un père, le rêve d'une sœur ou d'un ami.
Le peuple se racontait ses rêves au point qu'ils en oublièrent le Diable. Quand il leur arrivait de croiser le Diable, il voyait le fond de leur cœur rempli de rêves, leurs rêves et ceux de tous. Et c'est ce qu'ils échangeaient. Ils échangeaient leurs rêves.
Le Diable n'ayant plus audience, renonça à sa conquête. A quoi bon épouser la princesse, elle ne le voyait plus elle non plus. Il demanda pourtant avant de partir au fils du cordonnier, ce que lui avait pu voir au fond de son cœur quand il l'avait regardé.
"Diable ce que j'ai vu au fond de mon cœur quand je t'ai regardé c'est le rêve de mon père."
"Quel est ce rêve demanda le Diable"
Un père avait un fils. Pour tout héritage il lui confia ses outils: sa tenaille, son tranchet, et son poinçon. Le fils n'était pas cordonnier, il se voulait guérisseur et ne su que faire de ses outils. Il alla au marché les vendre, espérant en tirer un bon prix. Au marché tous se rappelaient son père et personne ne voulu acheter ses outils. Ne trouvant pas de travail, le fils quitta le pays. Il fit de nombreux voyages mais ne réussi jamais à vendre les outils de son père. Il revint au pays le jour où il comprit qu'il n'avait aucune raison de fuir l'héritage de son père, et que d'être un cordonnier ne l'empêcherait pas un jour d'accomplir son destin et de devenir guérisseur, si tel était son destin.
Voilà ce que j'ai vu au fond de mon cœur.
Et toi Diable qu'as tu fais de l'héritage de ton père?
A cette question le Diable disparu pour ne plus jamais revenir.

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© Gilda Gonfier - 21 janvier 2009
 
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